L’Iran a qualifié lundi de « dangereuse aventure » l’attaque attribuée à l’Ukraine contre un navire iranien en mer Caspienne et assuré qu’elle « ne resterait certainement pas sans réponse ».
« Cet acte était totalement illégal, injustifiable et contraire à la Charte des Nations unies », a déclaré Esmaeil Baghaei, le porte-parole du ministère des affaires étrangères iranien, en réponse à une question de l’agence officielle IRNA.
Téhéran affirme que l’attaque a tué et blessé plusieurs ressortissants iraniens. Le ministère des affaires étrangères a publié un communiqué de condamnation et convoqué le chargé d’affaires ukrainien.
M. Baghaei a estimé que les pays soutenant l’Ukraine, notamment en Europe, devaient répondre de cette opération. Comparant l’attitude de Volodymyr Zelensky à celle « des anarchistes » ayant mené des actions dangereuses à la veille de la première guerre mondiale, il a averti que les conséquences d’une telle initiative seraient « imprévisibles ». « Les parrains de Zelensky doivent le contrôler », a-t-il ajouté, affirmant que les actions ukrainiennes pourraient avoir des répercussions dans plusieurs régions du monde.
Le porte-parole a également réaffirmé que l’Iran n’était pas impliqué dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine, malgré les accusations de Kiev concernant la fourniture de drones et de technologies militaires iraniennes à Moscou. Selon lui, les Etats riverains de la mer Caspienne sont « profondément préoccupés et mécontents » de cette attaque, dont l’Ukraine devra « répondre ».
Donald Trump assure que les Etats-Unis disposent de suffisamment de munitions
Les Etats-Unis ont reporté une vaste campagne de frappes contre l’Iran, qui aurait pu durer jusqu’à deux semaines, afin de laisser une chance aux efforts diplomatiques pour rouvrir le détroit d’Ormuz, sur fond d’inquiétudes concernant les stocks américains d’intercepteurs antimissiles.
Interrogé par The Wall Street Journal, le président américain, Donald Trump, a toutefois nié toute pénurie. « Nous avons bien plus de munitions que n’importe quel autre pays au monde, et bien davantage que nécessaire », a-t-il affirmé.
Le chef d’état-major américain, le général Dan Caine, aurait pourtant averti la Maison Blanche de la diminution des réserves de missiles Patriot et d’autres intercepteurs de défense aérienne. Selon lui, ces stocks limités n’empêcheraient pas une reprise des combats majeurs contre l’Iran, mais en augmenteraient les risques.
D’après deux experts du Center for Strategic and International Studies, au moins 1 500 intercepteurs Patriot auraient été utilisés depuis le début de la guerre, laissant moins de 1 000 unités dans les stocks américains. Cette forte consommation pourrait réduire la capacité de Washington à dissuader d’autres adversaires, notamment la Chine, préviennent-ils. Plusieurs monarchies du Golfe auraient également fortement entamé leurs réserves.
Les défenses aériennes américaines au Moyen-Orient n’interceptent pas systématiquement les missiles balistiques et les drones iraniens afin d’économiser leurs stocks de munitions, rapportait NBC News, vendredi, citant deux hauts responsables américains. L’armée américaine renoncerait à utiliser de coûteux intercepteurs lorsqu’ils estiment qu’un projectile ne menace pas les forces américaines, les installations stratégiques ou les alliés régionaux.
Note : Trump ment comme à son habitude.
Volodymyr Zelensky accuse l’Iran d’avoir « attaqué » l’Ukraine en fournissant des drones à la Russie
Dans un entretien à la chaîne britannique Sky News, Volodymyr Zelensky estime que l’Iran a déjà attaqué son pays en fournissant à la Russie des drones Shahed et les technologies nécessaires à leur fabrication. « Dès la première année de la guerre, l’Iran a fourni à la Russie de nouvelles technologies », notamment « des milliers » de drones Shahed, avant de lui accorder des licences de production, dit le président ukrainien. « Est-ce qu’ils nous ont attaqués ? Je pense que oui. Ils l’ont donc déjà fait », a-t-il ajouté.
Volodymyr Zelensky affirme également que l’Iran et la Corée du Nord ont soutenu Moscou dès le début de l’invasion, sans provocation préalable de l’Ukraine. Selon lui, Pyongyang a notamment fourni à la Russie des drones, des missiles, des obus d’artillerie de 155 mm ainsi que 10 000 soldats.
Le président ukrainien appelle toutefois à éviter toute décision précipitée susceptible d’ouvrir un nouveau front, tout en affirmant que Kiev devait se préparer à une possible intensification des attaques.
Abbas Araghtchi, le ministre des affaires étrangères iranien, a accusé Volodymyr Zelensky d’être responsable d’une attaque contre un navire marchand iranien ayant causé la mort d’un marin. Une action qui « ne peut rester sans réponse », a-t-il averti, tout en rejetant les accusations ukrainiennes contre Téhéran.
Le Pentagone retire quatre soldats tués du bilan officiel de la guerre contre l’Iran
Les quatre militaires américains tués depuis la reprise des combats entre les Etats-Unis et l’Iran ne figurent plus dans le bilan officiel de cette guerre publié par le Pentagone, mais ont été reclassés dans une nouvelle catégorie, selon l’agence Associated Press (AP).
Le système officiel de comptabilisation des victimes du ministère américain de la défense recensait encore mardi 18 morts et 482 blessés. Mercredi, ce bilan est retombé à 14 morts et 420 blessés. Une nouvelle rubrique baptisée « Opérations à l’étranger » est apparue dimanche, mentionnant les noms des quatre soldats ainsi que 207 blessés, sans préciser si tous avaient été touchés dans le conflit iranien.
Trois de ces militaires ont été tués le 17 juillet lors d’une attaque iranienne contre une base en Jordanie. Le quatrième est mort le lendemain en Irak pendant la destruction contrôlée d’un drone iranien. Donald Trump avait lui-même affirmé que le conflit avait coûté la vie à 18 militaires américains.
Le Pentagone assure que ces variations résultent « d’anomalies » et de « perturbations temporaires des données », et non d’une volonté de dissimuler le bilan humain. Un responsable américain a toutefois précisé à AP que le nombre réel de blessés dépasserait désormais les 500.
Cette nouvelle catégorie comptabilise les pertes survenues depuis le 7 juillet, date de la reprise des hostilités après des attaques iraniennes contre trois navires marchands dans le détroit d’Ormuz. Les forces américaines et iraniennes ont ensuite échangé des frappes pendant près de deux semaines, avant une suspension des attaques depuis deux nuits sur fond d’efforts diplomatiques.
Le manque d’informations fournies par le Pentagone sur les pertes et la stratégie militaire alimente les interrogations sur la transparence de l’administration Trump. Aucune conférence de presse consacrée à la guerre n’a été organisée depuis le début du mois de mai, selon AP.
Les cours du pétrole en baisse de plus de 5 % avec les espoirs renouvelés d’un accord entre les Etats-Unis et l’Iran
Les cours du pétrole sont en baisse, lundi, à l’ouverture des marchés asiatiques, les investisseurs se montrant soulagés par deux nuits de suite sans frappes américaines en Iran, ce qui laisse la porte ouverte à de nouveaux pourparlers entre les belligérants.
Le prix du baril de brent de la mer du Nord, référence internationale pour le pétrole, cédait 5,58 % à 91,38 dollars (environ 80 euros). Son équivalent américain, le baril de WTI, reculait lui de 5,46 % à 84,43 dollars (environ 74 euros).
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