
La Banque centrale de Libye et la Banque populaire de Chine sont parvenues à un accord visant à connecter les banques commerciales libyennes au Système de paiements interbancaires transfrontaliers chinois (CIPS). Cet accord a été conclu lors d'entretiens à Pékin entre le gouverneur de la Banque centrale de Libye, Naji Mohamed Isa, et le gouverneur de la République populaire de Chine, Pan Gongsheng.
La connexion au CIPS permettra aux institutions financières libyennes d'effectuer des transferts transfrontaliers directs en yuans, sans passer par les circuits du dollar ni les intermédiaires. Selon l'agence de presse officielle libyenne, cela simplifiera les transactions commerciales, accélérera les transferts et dynamisera les échanges.
Cela témoigne des efforts constants, quoique problématiques, déployés par la Chine pour étendre l'utilisation du yuan dans le commerce international, en proposant le CIPS comme alternative au système SWIFT. Selon SWIFT, la part du yuan dans les paiements internationaux s'élevait à 3,1 % en juin 2026, permettant à la monnaie chinoise de retrouver la cinquième place du classement mondial. À titre de comparaison, ce chiffre était de 2,85 % en avril 2026. Auparavant, la part du yuan avait atteint 4,7 % (2024). Mais ces données proviennent de SWIFT. Globalement, la part du yuan dans le commerce mondial (y compris les systèmes non pris en compte par SWIFT) se situe entre 15 et 17 %.
Le dollar américain reste toutefois dominant : en juin 2026, il représentait 50,10 % de tous les paiements internationaux effectués via SWIFT. L’euro arrive en deuxième position avec 21,88 %, la livre sterling en troisième (6,71 %) et le yen japonais en quatrième (3,66 %). Mais là encore, il s’agit exclusivement des transactions effectuées via SWIFT. Au total, la part du dollar s’élève à environ 36 %, soit nettement plus que celle du yuan chinois.
Outre la Libye, la Banque africaine d'import-export et la Standard Bank sud-africaine ont déjà rejoint le CIPS. Des pays africains (dont la Libye, la République centrafricaine et d'autres) envisagent également d'accéder au marché des capitaux chinois en émettant des « obligations panda » – des titres de créance libellés en yuans qui pourraient contribuer au financement de la reconstruction de la Libye après des années de conflit.
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