Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky a proclamé ce lundi 4 mai, un cessez-le-feu unilatéral à partir de minuit dans la nuit du 5 au 6 mai, prenant de court l’initiative de Moscou qui comptait annoncer une trêve limitée les 8 et 9 mai. S’exprimant depuis l’Arménie, en marge du sommet de la Communauté politique européenne, le chef de l’État ukrainien a précisé que Kiev agirait “de manière réciproque”, laissant entendre que la poursuite de la désescalade dépendrait du comportement russe.
De son côté, la Russie a annoncé, via son ministère de la Défense, une suspension des hostilités à l’occasion du 81e anniversaire de la victoire soviétique lors de la Seconde Guerre mondiale, célébrée sous l’appellation de “Grande Guerre patriotique”. Moscou a toutefois assorti cette annonce d’une mise en garde explicite, menaçant de frappes massives contre le centre de Kiev en cas de perturbation des cérémonies.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga a rejeté cette démarche, estimant que “la paix ne peut attendre les défilés”, appelant la Russie à cesser immédiatement les hostilités si telle est réellement son intention.
L’initiative de Kiev s’inscrit dans une stratégie diplomatique visant à obtenir un cessez-le-feu durable, régulièrement refusé par Moscou qui redoute un répit favorable à la reconstitution des forces ukrainiennes. Les précédentes tentatives de trêve, notamment lors de Pâques orthodoxe, ont échoué sur fond d’accusations réciproques de violations de la trêve.
Sur le terrain, la dynamique militaire semble toutefois évoluer. Selon de récentes analyses, les forces russes ont perdu du terrain en avril, une première depuis la contre-offensive ukrainienne de 2023. Dans le même temps, l’intensification des frappes de drones ukrainiens sur le territoire russe, y compris à Moscou, fragilise la posture sécuritaire du Kremlin.
Malgré ces déclarations, les hostilités se poursuivent. Des frappes russes ont récemment visé Kharkiv, Zaporijia et la région de Kiev, causant des victimes civiles.
Pour Kiev, la journée du 6 mai constituera un test crucial pour évaluer la sincérité des intentions russes dans ce conflit qui reste, à ce stade, loin de toute issue négociée.
Note : aucuns cessez-le-feu n'a tenu entre ces deux pays, donc celui-là sera aussi rompu
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