Pendant plus d’une semaine, du 16 au 25 avril, dans l’écrin de rêve du village Reille, à Paris 14, la chapelle gothique Sainte Jeanne d’Arc, a accueilli le collectif Cirquefier.e.s pour un spectacle de cirque satanique. Ce groupe se revendique LGBTQIA+ et féministe intersectionnel, et compte quelque 8 000 abonnés sur Instagram. Son objectif affiché : faire du cirque « un cri queer fier et puissant ». Dans leur manifeste, les membres du collectif assument de vouloir bousculer, voire renverser certains codes, et de donner la possibilité à tous de s’exprimer, même s’ils sont« choquants, bousculant, agressifs… ». Le mouvement queer y est présenté comme un « acte politique » dont la finalité est de « déconstruire ensemble ». Tout est dit et assumé.
Nous avons voulu voir de nos propres yeux. Alors nous avons assisté à ce spectacle, pour tenter d’en comprendre la logique revendiquée de « tout déconstruire ». Le soir du spectacle, la chapelle affiche complet. Le cadre n’a guère changé : vitraux en excellent état et en particulier celui de Sainte Jeanne d’Arc, qui sert de décor à la scène, les croix sur les colonnes, autels latéraux ,tous les signes sacrés sont encore en place. Seul l’autel a disparu, remplacé par un portique de cirque. C’est dans ce cadre que se déroula une soirée mêlant acrobaties de cirque, danses lascives, nudité, remarques et humour obscènes. Absolument tout était sexualisé.
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